Présentation de la commune

Authentique et nature, Précilhon donne le ton Ce qui marque immédiatement en arrivant à Précilhon, c’est la sculpture de mur de briques taillées représentant les villageois imbriqués dans des postures expressives. Colorée et drôle, elle représente l’esprit de notre village de 370 habitants : solidarité et vie rurale. Conçue par une artiste tchèque, Eva Roucka, elle démontre aussi l’ouverture de Précilhon à la culture et à la modernité. Se fondant dans le paysage, elle s’acoquine agréablement à l’église Saint-Martin. Petite, intime, celle-ci accueille un rétable et un tabernacle de coeur totalement restaurés à la feuille d’or par des artisans restaurateurs dont le Peintre Philippe Gavillon de Haut de Gan et Stéphanie Redal, Maire actuelle de la Commune. D’autres objets, dont une chasuble cousue de fil d’or, font de cette église du XVIIème siècle un petit musée qui mérite une visite. Il faut dire que le tabernacle à ailes, surmonté d’un dais en forme de coquille ainsi que le rétable constitué de trois panneaux et de colonnes torses datant du XIXème siècle, sont d’une qualité remarquable. 

dolmenCe ne sont pas les seules curiosités de Précilhon. En 1952, dans le bois de Précilhon, en bordure du chemin de crête, le dolmen “Darre la Peyre” a été partiellement dégagé du tumulus qui le recouvrait. La présence de cette sépulture est très certaienement liée au pastoralisme pratiqué dans cette zone dès le Néolithique Final, environ 4 000 avant J.C.

Associé au dolmen, le village a conservé quelques puits du XIXème siècle. Construits en galets et couverts d’une haute toiture, on les croise au détour d’une rue ou à proximité d’un pré. Témoins d’un mode de vie passé, certains d’entre eux ont malheureusement disparu mais d’autres ont été sauvés et restaurés. Sous la houlette des habitants et de l’équipe municipale, la volonté d’attirer les visiteurs et de développer l’économie artisanale est clairement posée. Ainsi un grand travail de réaménagement des sites tel que la remise en fonctionnement du lavoir ou le projet de réhabilitation du dolmen sous la drection de Monsieur Dumontier, archéologue en partenariat avec le Lycée agricole de Soeix. Associés aux travaux de voirie, l’enfouissement des réseaux et aménagements paysagers participent grandement à cette dynamique. Ainsi une aire de jeux pour enfants a été aménagée devant la Mairie et on envisage la réouverture des chemins abandonnés de Précilhon et des communes de la plaine d’Escou, pour retracer des parcours de promenades le long du ruisseau Escou. 

Toujours guidée par un esprit collaboratif, l’équipe municipale conduite par Stéphanie Redal, s’attache à poursuivre les partenariats et les liens constructifs avec les diverses associations de la commune et les acteurs locaux.Ainsi le projet d’installer une AMAP “association pour le maintien dee l’agriculture paysanne” a vu le jour. Véritable partenariat entre producteur et consommateurs sur la base d’un lien équitable, solidaire, transparent et convivial, l’installation d’un maraîcher de proximité s’avère pertinent sur la Commune qui a souhaité également instauré un “marché” de produits du terroir.

Et Précilhon ne manque pas d’initiatives pour les visiteurs et les Précilhonnais : des ateliers et cours de peinture, de chants et de musiques anciennes avec l’association “L’école des champs”, ou des ateliers de théâtre, ouverts à tous, avec des représentations au mois de juillet, organisés par l’association pour la sauvegarde du Château Bazerques, en sont des exemples. Sans oublier la fameuse course à pied en chemin naturel, de 30 kms pour le premier parcours “initié” et le 2ème de 13 kms plus “découverte” qui traversent successivement Goès, Escout, Escou et Estialescq et qui rassemble plus de 300 passionnés de Trail et de découverte nature : Précilhonnais et OLoronais certes, mais également Jurassiens, Bordelais, Parisiens, Corses, Belges ….. sont au rendez-vous.

vueNul doute qu’avec tout cela, Précilhon peut retenir quelques visiteurs amoureux d’histoire, d’artisanat et de produits du “terroir” et peut être assister à un concert acoustique en l’église Saint-Martin ou à un spectacle de la saison culturelle …


Notre commune

Le nom du village trouve certainement ses origine dans le nom d’un homme latin Priscillus auquel a été ajouté le suffixe -onem pour désigner le domaine de Priscillus.

1267 :Précilhon (For d’Oloron), 1368 : Plessihoo (notaires de Lucq de Béarn), 1375 : Precilhoo (contrat de Luntz), 1405 : Presilhoo (notaires de Navarrenx), 1421 : Pressilhoo (notaires de Lucq de Béarn), 1548 : Presylho (réforme des Etats de Béarn), 1776 Presillon (registre des Etats de Béarn), Fin XVIII7 : Précilhon (carte de Cassin).

curiosités-monuments

La sculpture sur la Place du village.

En 2007, Gérard Huré, Maire de Précilhon de 1983 à 2008, ayant la volonté d’enrichir la commune d’une oeuvre d’art, a contacté Eva Roucka. “la Tolérance” est une oeuvre qui se veut compréhensible par tous. C’est un ensemble de personnages de tous âges et de toutes provenances qui démontrent par leurs attitudes et leurs expressions qu’ils sont ensemble dans le respect des uns et des autres. Les personnages représentent les différentes périodes de la vie ; Les plus petits étant entourés par les parents, les plus âgés soutenus par les plus jeunes. Les enfants jouent, la jeune fille rêve, l’adolescent à vélo dépense son énergie, le couple danse et symbolise la continuité de la vie, une personne au crépuscule de ses jours est soutenue.

Les couleurs réalisées avec des engobes et des émaux sont cuites et ne réclameront aucun entretien. L’harmonie des couleurs s’accorde avec la brique et elles ont assez soutenues dans l’ensemble sans être criardes. Les briques utilisées ont été cuites à 1200° et son garanties non gélives. L’ensemble de la sculpture a été réalisé à la briqueterie puis remonté sur place devant le public avec l’aide de la municipalité.

patrimoine

L’église Saint-Martin date du Moyen äge, époque où elle avait pour annexe Saint-Vincent d’Etialescq. Cependant, sa construction actuelle date du XVIIème siècle La nomination du Prêtre à la cure est source de conflit sous Louis XVI qui accorde les droits aux Luger de Précilhon. L’église est entourée d’un cimetière et son porche sert un temps d’école au XIXème siècle. Elle présente une nef principale qui se termine par une abside semi-circulaire percée d’une baie romane, aujour’hui recouverte d’enduit ; le collatéral s’achève par un mur plat. Son mobilier comprend des rétables. Depuis peu, l’Eglise Saint-Martin est incrite à l’inventaire des Monuments Historiques.

 

Le Monument aux Morts. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Commune de Précilhon, comme de très nombreuses municipalités, fait ériger un monument marquant le souvenir de ses soldats tombés au champ d’honneur. Le Monument aux Morts se compose d’une base à degrès, d’un socle portant l’inscription “à la mémoire des enfants de Précilhon morts pour la patrie” et d’un obélisque se terminant en pyramidion. Ce monument de type civique reprend la typologie formelle la plus fréquemment utilisée pour ce type d’édifices. Relativement soble, l’obélisque est uniquement décoré d’une palme, en bas-relief, symbolisant la victoire ou le martyre. Quatorze Précilhonnais ne rentrent pas de la Grande Guerre. Un hommage leur est rendu chaque année lors de la cérémonie du 11 novembre.

 

Ruines du château Bazerques. Dressé à proximité de l’église, au bord du ruisseau, les ruines du château témoignent du faste passé de la Commune. L’édifice est tout d’abord la propriété des Gayrosse jusqu’au XVIème siècle. Il est construit en majeure partie par Bernard de Casaucau, chanoine de Lescar. Les Luger en deviennent propriétaires au XVIIème siècle jusqu’en 1733, date à laquelle la commune l’acquiert et en fait un presbytère. Le dernier propriétaire est ensuite la famille Bazerques ; depuis le château est en ruines. La demeure est de style Renaissance. Elle présente un corps de logis allongé, une tour carrée à quatre niveaux, deux étages couverts d’un toit béarnais. L’entrée principale se fait au nord par une porte ogivale et les murs sont en galets polygéniques, en moellons de calcaire et en grès. A l’intérieur des ruines du château de Bazerques se trouvent encore une cheminée Renaissance moulurée et une autre cheminée en stuc.

 

Dolmen “Darre la Peyre” On le trouve sur le chemin des crêtes, lieu dit Darre l Peyre. Il date de 4 000 av JC/1er siècle. C’est un dolmen classique à rapprocher d’une sépulture individuelle sous lequel ont été mis à jour des éléments lithiques et de la céramique attestant d’une fréquentation ancienne du site et de sa réutilisation à différentes périodes. Des travaux de nettoyage et de valorisation sont en cours, sous l’égide du SRA avec le Lycée Agricole de Soeix.

Compte-rendu de manifestation : visite guidée du patrimoine local, organisée avec le concours du CIAP, dans le cadre du label « Pays d’Art et d’Histoire ».

La 2ème journée de visite du patrimoine Précilhonnais s’est déroulée le Samedi 12 Décembre 2015. L’approche des fêtes de fin d’année, une météorologie des plus agréables et un défaut de communication (journaliste accidenté…) n’ont pas été propices à la venue d’un public aussi important que pour la 1ère édition. Toutefois, comme à son habitude, Anne Giannérini a conquis les présents par la qualité des contenus et de la pédagogie employée.

Le Dolmen de Précilhon dit « Darré la Peyre  » (= « derrière la pierre » ) a constitué un moment important de la manifestation. S’inscrivant dans une suite de mégalithes situés sur la continuité d’une ligne en relief de crête entre vallée d’Ossau et Précilhon, ce monument du patrimoine local, réhabilité il y a peu, a permis de retracer les étapes d’une présence humaine permanente sur le site depuis les temps préhistoriques ( 40 à 50 000 avant notre ère), et ce, jusqu’à nos jours.

La visite de puits privés et/ou communaux, édifiés vers le milieu du 18ème siècle (acte notarial de 1742), a mis en évidence certaines prouesses architecturales (de 14 à 20 m de profondeur) et l’importance de l’eau tant au niveau domestique qu’économique. Au cours de ce périple, les visiteurs ont pu (re-)découvrir l’une des anciennes Mairies-Écoles, aujourd’hui en ruine. Mado IRRIGOYEN et Frédéric PATIE, mémoires vivantes et intéressées du village ont enrichi l’exposé de leurs souvenirs et anecdotes. L’approche de la nuit a conduit le groupe à ne pas se rendre au Lavoir, mais à partager un petit goûté.

Anne GIANNÉRINI durant son exposé sur les puits

PUITS privé : celui de M. Alain DAUDÉ 

- l’eau se reflète à près de 20 m de profondeur
- parois en pierre de taille
- évier aménagé dans le mur
- inscription « 1821 » sur le linteau, année probable de restauration (M. DAUDÉ et Patxi)

Puits à usage communautaire et privé (Mme LAPËTRE)

histoire

Un peu d’histoire : du Château de Casaucau au Château de Bazerques

Au XVI ème siècle, par son testament du 24 septembre 1559, le chanoine de Lescar, Bernard de Casaucau, ecclésiastique conscient de ses devoirs et homme d’affaires avisé, fait héritière sa petite nièce Jeanne, fille ainée de Johan de Casaucau, premier jurat, son “principal neveu”. Parmi les biens légués figure la maison qu’il a fait construire mais qui n’est pas complètement achevée, à l’héritière de la “perfecir”. Cette belle demeure est de style “Renaissance” et son histoire est étroitement liée à celle de Précilhon.

Vers le milieu du XVII ème siècle, les biens de Casaucau virent dans la possession des Luger seigneurs de Précilhon, notamment la maison du chanoine. Le 9 août 1733, le seigneur Charles-Antoine de Luger la vendit à la communauté pour “1.950 Frs, 12 pains de sucre et 12 paires de chapons”. Après réparations, elle devint presbytère à l’usage d’abord du premier curé Laihacar. Elle remplit cette fonction au moins jusqu’à la révolution. Le chanoine Bernard de Casaucau a donc bien mérité de rester dans la mémoire des Précilhonnais alors que, semble t-il, le souvenir des Luger se soit complètement effacé.

Vers 1840, on trouve trace d” Mr François Bambalère propriétaire du Château Casaucau et Conseiller à la Cour d’Appel de PAU. Il a deux filles Gertrude et Gabrielle. Il décède le 1er juin 1856.

Le 12 juin 1856, Jean-Baptiste-Adolphe BAZERQUES domicilé à Bazet (Hautes-Pyrénées), propriétaire rentier, âgé de 40 ans, épouse Marie Gabrielle Bambalère, 29 ans, rentière, domiciliée à Précilhon Le 18 mars 1857, naissance de Charles François Auguste BAZERQUES. C’est le dernier châtelain et grâce à la mémoire collective du village, nous avons un aperçu de ce personnage. Célibataire, ce rentier occupe tous ses loisirs à la chasse et néglige son domaine. Il écrit un journal local. Et dans un de ses articles, il raconte avec humour comment, lors de chasses importantes, on ne l’a pas vu depuis plusieurs jours, “sa voisine qui a toujours eu bon coeur” s’est inquiétée. Il envoie les enfants du voisinage porter du gibier chez Layous (à l’entrée d’Oloron). Comme récompense, notre châtelain leur donne un morceau de sucre sur lequel il verses quelques gouttes de liqueur….

Charles BAZERQUES meurt à 61 ans, le 24 août 1918, peut être d’une intoxication due au gibier faisandé. Ironie du sort : huit jours après son décès, la cheminée du château s’écroule…