Présentation de la commune

Le Village de Précilhon se situe au cœur du Haut-Béarn, au sein de la vallée de l’Escou. Sa proximité avec la ville d’Oloron-Sainte-Marie permet aux habitants du village de profiter d’un cadre de vie campagnard tout en disposant de nombreuses commodités à portée de main.

La commune en quelques chiffres

Population : 410 (2020)   Gentilé : PRECILHONAIS(E)

Superficie : 6,43 km²   Densité : 64 hab./km² 

 

Authentique et nature, Précilhon donne le ton …

Ce qui marque immédiatement en arrivant à Précilhon, c’est la sculpture de mur de briques taillées représentant les villageois imbriqués dans des postures expressives. Colorée et drôle, elle représente l’esprit de notre village  : solidarité et vie rurale. Conçue par une artiste tchèque, Eva Roucka, elle démontre aussi l’ouverture de Précilhon à la culture et à la modernité. Se fondant dans le paysage, elle s’acoquine agréablement à l’église Saint-Martin.

Ce ne sont pas les seules curiosités de Précilhon. En 1952, dans le bois de Précilhon, en bordure du chemin de crête, le dolmen “Darre la Peyre” a été partiellement dégagé du tumulus qui le recouvrait. Associé au dolmen, le village a conservé quelques puits du XIXème siècle. Construits en galets et couverts d’une haute toiture, on les croise au détour d’une rue ou à proximité d’un pré. Témoins d’un mode de vie passé, certains d’entre eux ont malheureusement disparu mais d’autres ont été sauvés et restaurés. Sous la houlette des habitants et des équipes municipales successives, la volonté d’attirer les visiteurs et de développer l’économie artisanale est clairement posée.

Ainsi un grand travail de réaménagement des sites tel que la remise en fonctionnement du lavoir ou le projet de réhabilitation du dolmen sous la direction de Monsieur Dumontier, archéologue en partenariat avec le Lycée agricole de Soeix. Associés aux travaux de voirie, l’enfouissement des réseaux et aménagements paysagers participent grandement à cette dynamique. Ainsi une aire de jeux pour enfants a été aménagée devant la Mairie et le cheminement piéton pour se balader dans le village est en constante évolution.

 

PATRIMOINE

L’église Saint-Martin
L’église Saint-Martin date du Moyen Âge, époque où elle avait pour annexe Saint-Vincent d’Estialescq. Cependant, sa construction actuelle date du XVIIème siècle La nomination du Prêtre à la cure est source de conflit sous Louis XVI qui accorde les droits aux Luger de Précilhon. L’église est entourée d’un cimetière et son porche sert un temps d’école au XIXème siècle. Elle présente une nef principale qui se termine par une abside semi-circulaire percée d’une baie romane, aujourd’hui recouverte d’enduit ; le collatéral s’achève par un mur plat. Petite, intime, l’église Saint-Martin  accueille un retable et un tabernacle de cœur totalement restaurés à la feuille d’or par des artisans restaurateurs dont le Peintre Philippe Gavillon et Stéphanie Redal, D’autres objets, dont une chasuble cousue de fil d’or, font de cette église du XVIIème siècle un petit musée qui mérite une visite. Il faut dire que le tabernacle à ailes, surmonté d’un dais en forme de coquille ainsi que le retable constitué de trois panneaux et de colonnes torses datant du XIXème siècle, sont d’une qualité remarquable. L’église Saint-Martin est inscrite à l’inventaire des Monuments Historiques.

Le Monument aux Morts
Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la Commune de Précilhon, comme de très nombreuses municipalités, fait ériger un monument marquant le souvenir de ses soldats tombés au champ d’honneur. Le Monument aux Morts se compose d’une base à degrés, d’un socle portant l’inscription “à la mémoire des enfants de Précilhon morts pour la patrie” et d’un obélisque se terminant en pyramidion. Ce monument de type civique reprend la typologie formelle la plus fréquemment utilisée pour ce type d’édifices. Relativement sobre, l’obélisque est uniquement décoré d’une palme, en bas-relief, symbolisant la victoire ou le martyre. Quatorze Précilhonais ne rentrent pas de la Grande Guerre. Un hommage leur est rendu chaque année lors de la cérémonie du 11 novembre.

Ruines du château Bazerques
Dressé à proximité de l’église, au bord du ruisseau, les ruines du château témoignent du faste passé de la Commune. L’édifice est tout d’abord la propriété des Gayrosse jusqu’au XVIème siècle. Il est construit en majeure partie par Bernard de Casaucau, chanoine de Lescar. Les Luger en deviennent propriétaires au XVIIème siècle jusqu’en 1733, date à laquelle la commune l’acquiert et en fait un presbytère. Le dernier propriétaire est ensuite la famille Bazerques ; depuis le château est en ruines. La demeure est de style Renaissance. Elle présente un corps de logis allongé, une tour carrée à quatre niveaux, deux étages couverts d’un toit béarnais. L’entrée principale se fait au nord par une porte ogivale et les murs sont en galets polygéniques, en moellons de calcaire et en grès. A l’intérieur des ruines du château de Bazerques se trouvent encore une cheminée Renaissance moulurée et une autre cheminée en stuc.

 Dolmen “Darre la Peyre”
Le Dolmen  de Précilhon dit “Darre la Peyre” ( “derrière la pierre”) se trouve sur le chemin des crêtes. Daté de 4000 av JC, il s’inscrit dans une suite de mégalithes situés sur la continuité d’une ligne en relief de crête entre vallée d’Ossau et Précilhon. C’est un dolmen classique à rapprocher d’une sépulture individuelle sous lequel ont été mis à jour des éléments lithiques et de la céramique attestant d’une fréquentation ancienne du site et de sa réutilisation depuis les temps préhistoriques ( 40 à 50 000 avant notre ère), et ce, jusqu’à nos jours.

Pour en savoir plus → La structure funeraire megalithique

 

TOPONYMIE

Le nom du village trouve certainement ses origines dans le nom d’un homme latin Priscillus auquel a été ajouté le suffixe -onem pour désigner le domaine de Priscillus.

1267 : Précilhon (For d’Oloron)
1368 : Plessihoo (notaires de Lucq de Béarn)
1375 :  Precilhoo (contrat de Luntz)
1405 :  Presilhoo (notaires de Navarrenx)
1421 :   Pressilhoo (notaires de Lucq de Béarn)
1548 :  Presylho (réforme des Etats de Béarn)
1776 : Presillon (registre des Etats de Béarn)
Fin XVIII7 : Précilhon (carte de Cassin).

 

UN PEU D’HISTOIRE

Du Château de Casaucau au Château de Bazerques

Au XVI ème siècle, par son testament du 24 septembre 1559, le chanoine de Lescar, Bernard de Casaucau, ecclésiastique conscient de ses devoirs et homme d’affaires avisé, fait héritière sa petite nièce Jeanne, fille ainée de Johan de Casaucau, premier jurat, son “principal neveu”. Parmi les biens légués figure la maison qu’il a fait construire mais qui n’est pas complètement achevée, à l’héritière de la “perfecir”. Cette belle demeure est de style “Renaissance” et son histoire est étroitement liée à celle de Précilhon.

Vers le milieu du XVII ème siècle, les biens de Casaucau virent dans la possession des Luger seigneurs de Précilhon, notamment la maison du chanoine. Le 9 août 1733, le seigneur Charles-Antoine de Luger la vendit à la communauté pour “1.950 Frs, 12 pains de sucre et 12 paires de chapons”. Après réparations, elle devint presbytère à l’usage d’abord du premier curé Laihacar. Elle remplit cette fonction au moins jusqu’à la révolution. Le chanoine Bernard de Casaucau a donc bien mérité de rester dans la mémoire des Précilhonnais alors que, semble t-il, le souvenir des Luger se soit complètement effacé.

Vers 1840, on trouve trace de Mr François Bambalère propriétaire du Château Casaucau et Conseiller à la Cour d’Appel de PAU. Il a deux filles Gertrude et Gabrielle. Il décède le 1er juin 1856.

Le 12 juin 1856, Jean-Baptiste-Adolphe BAZERQUES domicilé à Bazet (Hautes-Pyrénées), propriétaire rentier, âgé de 40 ans, épouse Marie Gabrielle Bambalère, 29 ans, rentière, domiciliée à Précilhon Le 18 mars 1857, naissance de Charles François Auguste BAZERQUES. C’est le dernier châtelain et grâce à la mémoire collective du village, nous avons un aperçu de ce personnage. Célibataire, ce rentier occupe tous ses loisirs à la chasse et néglige son domaine. Il écrit un journal local. Et dans un de ses articles, il raconte avec humour comment, lors de chasses importantes, on ne l’a pas vu depuis plusieurs jours, “sa voisine qui a toujours eu bon coeur” s’est inquiétée. Il envoie les enfants du voisinage porter du gibier chez Layous (à l’entrée d’Oloron). Comme récompense, notre châtelain leur donne un morceau de sucre sur lequel il verses quelques gouttes de liqueur….

Charles BAZERQUES meurt à 61 ans, le 24 août 1918, peut être d’une intoxication due au gibier faisandé. Ironie du sort : huit jours après son décès, la cheminée du château s’écroule…